RDC : 7 conditions pour éviter les élections chaotiques en 2023

RDC : 7 conditions pour éviter les élections chaotiques en 2023

Au moment où s’organisent à Kinshasa (capitale du pays), des assises sur la réforme électorale sous la houlette du Professeur Bob KABAMBA de l’Université de Liège, depuis lundi 24 août dernier, les camps KABILA et TSHISEKEDI manifestent une réticence quant à ce.

Ce forum n’aboutira à rien, estime aussi Didier AMANI SANGARA, analyste politique et chercheur indépendant. Au lieu d’un tel forum, ce penseur propose des pistes de solution pour des élections libres et transparentes en 2023.

A Goma il a répondu aux questions de ça seraconte.net

Rédaction :

Les camps Kabila et Tshisekedi boudent le forum sur les réformes électorales initiés par le professeur Bob Kabanda de l’Université de Liège avec l’appui de UE, étant analyste politique en RDC, comment justifiez-vous cette position ?

Didier SANGARA :

Je trouve que ça parait logique ou raisonnable pour les deux camps. Les réformes électorales consensuelles liées aux questions techniques de la CENI et de la loi électorale ne sont pas la voie obligée pour la stabilité qui pourra garantir la paix dont a chèrement besoin le peuple congolais. C’est une perte de temps de croire déboucher sur des propositions de réformes devant mettre fin au cycle des scrutins aux résultats contestés, ce qui crée l’instabilité politique dans ce pays.

Plutôt, on devrait penser à organiser un forum avec comme objectif de débattre sur les 7 conditions à défaut pour que les élections soient NULLES. D’ailleurs, ce qui devrait être évité encore pour les prochaines élections en RDC prévues en 2023.

Rédaction :

Quelles sont ces 7 conditions dont vous faites allusion ?

Didier SANGARA :


1. Le corps électoral doit être correctement connu et identifié d’avance. Là où, comme en RDC, le dernier recensement remonte au Déluge, ce recensement doit avoir lieu avant que l’on n’envisage d’organiser des élections ;

2. L’organisation pratique et matérielle des élections doit être confiée à une institution neutre et apolitique. C’est actuellement un point d’achoppement en RDC ;

3. Lorsque l’obstination d’un Président, jamais élu comme en RDC, ou simplement arrivé en fin de mandat, rend une Transition indispensable, celle-ci ne peut être présidée que par une personne consensuelle et qui s’engage à ne pas être candidate ;

4. La certification des résultats doit être confiée à un pouvoir judiciaire parfaitement indépendant et impartial ;

5. Toutes les opérations, depuis les bureaux de vote jusqu’à la proclamation finale, doivent être parfaitement transparentes, soumises à l’observation, tant des témoins désignés par les candidats que des observateurs nationaux ou internationaux. En particulier, les opérations électroniques doivent être, soit évitées, soit soumises à une surveillance particulièrement scrupuleuse. (Même si elles ne concernent que la transmission des résultats des bureaux locaux au bureau central. Le souci affiché de « gagner du temps » peut cacher une intention de gagner l’élection… en trichant) ;

6. Les élections doivent être organisées par ordre d’importance croissante : régionales et locales, d’abord, provinciales et législatives ensuite, présidentielle en fin de parcours ;

7. Là où, comme en RDC depuis les élections de 2011, l’on vit sous un régime illégitime, il ne saurait être question d’impunité. Il faut des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections.

L’élection étant un processus complexe, une machine aux multiples rouages, il faut que chacun de ceux-ci fonctionne impeccablement pour que l’élection puisse être valable. Si un seul de ces rouages est défectueux ou grippé, cela met à néant la validité de tout le processus et les élections sont nulles. Il est indispensable que TOUTES ces conditions soient réalisées EN MEME TEMPS. Sans quoi l’on s’expose aux pires aventures telles que celles dont la RDC donne pour son malheur, le triste exemple du monde entier.
Dans ce pays, en effet, aucune de ces sept conditions n’a jusqu’ici été respectée.

Ghislain BARAKA