RDC : Victimisation des veuves, attention au mariage sans contrat

RDC : Victimisation des veuves, attention au mariage sans contrat

La veuve est une femme qui a perdu son époux, qui soufre et qui est en détresse. Elle n’en est ni la cause, ni l’intermédiaire et ne le souhaite même pas, mais plutôt elle mérite notre attention et assistance. En République Démocratique du Congo, le mot veuvage est très mal interprété à cause des rites y associés, cela rend moins valeureuse la femme congolaise.

Dans de nombreuses ethnies au Congo, dès la disparition d’un homme, les veuves sont maltraitées, leurs biens spoliés, saisis par la famille du défunt qu’elle ait ou non entretenu de bonnes relations avec la belle-famille. Des rites et tractations en défaveur de la femme, elle se voit dans des exigences néfastes du genre : que la femme se rase la tête, qu’elle s’habille en noir, qu’elle ne sorte pas de chez elle, qu’elle dorme par terre, qu’elle donne une vache, qu’elle ne change pas de vêtement durant le temps du veuvage, là, je ne décris que la partie la plus douce des rites.

Ce qui fâche de plus et qui me parait louche, c’est de voir que la femme peut ensuite être dépouillée de ses enfants, déshéritée et faire face à tellement d’autres injonctions humiliantes pour être forcée à accepter le frère du défunt comme nouveau mari…. Tout cela pourquoi ?

« J’ai perdu mon mari à l’âge de 28 ans, dès le moment où il a rendu son dernier soupir, je n’ai plus eu la paix ni droit à rien. Nos économies, nos voitures, les titres parcellaires, ses habits et les miens, tout m’a été retiré. Je ne pouvais parler avec personne durant 40 jours si ce n’était pas une autre veuve. Heureusement que j’avais mon salaire du privé qui m’a permis de louer une maison à ma sortie de veuvage, une maison où je devais éduquer mes enfants et garder ma dignité car, notre demeure a été attribuée à titre d’héritage à mes belles sœurs.

Moi je suis jeune, j’ai pu me battre pour reprendre un semblant de vie normale par la suite mais imaginez, comme dans la plupart des cas que cela arrive à une femme âgée. Comment peut-elle se relever après ? »

Dans des milieux moins développés de la RDC comme ceux de l’Afrique, les jeunes sont habitués au mariage précoce et sans bénédiction des parents ni certification de l’Etat. Ceci est souvent lié à la pauvreté, à la culture moins civilisée, et quelquefois à la déscolarisation. La loi Congolaise ne garantit aucun droit aux veuves dont le mariage n’a pas été enregistré par l’officier de l’Etat civil. D’où, lors de la mort de l’époux, certaines familles prennent le dessus sur leur belle-fille.

Dieudonné Mango